Le Libra, la cryptomonnaie

Le paiement en ligne en Afrique bientôt possible ?

Le 18 juin 2019, Facebook, la firme américaine, a annoncé le lancement de sa cryptomonnaie. Dès 2020, Libra, c’est son nom, permettra notamment de transférer de l’argent avec les messageries Messenger ou WhatsApp, ou encore d’effectuer des paiements en ligne pour des achats sur différentes plateformes. Bientôt, vous pourrez acheter un sac de riz, une montre ou une moto sur Internet en effectuant un paiement en ligne via votre téléphone mobile. Et de par les faiblesses de son système bancaire, avec une monnaie aux connotations colonialistes (je parle du Franc CFA), le continent africain est particulièrement visé.

Quel intérêt cette nouvelle cryptomonnaie pour l’Afrique ? 

Libra. Le paiement en ligne en Afrique

Bientôt un paiement en ligne en Afrique avec Libra

Dans le monde, c’est 2 milliards de personnes qui sont exclues du système bancaire. Des “laissés-pour-compte” selon les propres termes utilisés par Facebook. Facebook, via sa cryptomonnaie, a l’ambition d’offrir des services financiers à tout le monde. Il n’y aura donc bientôt plus besoin d’un système bancaire lourd et complexe sur un plan administratif, pour gérer ses achats courants sur Internet. Que ce soit Libra ou d’autres cryptomonnaies comme le Bitcoin, la philosophie est la même: avoir des systèmes bancaires sans banque. Les africains, comme d’autres populations exclues du système bancaire classique, pourront très bientôt bénéficier de ce genre d’innovations.

Le Libra sera t-elle une monnaie pour les petits échanges du quotidien ?

Le Libra devrait être la monnaie pour les échanges de petite taille. Les transferts de fonds ou les micro-paiements donnent souvent lieu à des frais très élevés. Cela constitue une perte de pouvoir d’achat pour les africains. Les cryptomonnaies permettent de faire ces micro-paiements sans (trop de) frais.

Mais Facebook n’ayant jamais “fait dans le social”, que se cache t-il derrière ?

Même si le Libra sera sans commission (contrairement à Paypal ou Western Union par exemple) Facebook en tirera un vrai bénéfice de façon indirecte. Le réseau social compte bien devenir indispensable et donc devenir encore plus attractif, faisant venir encore plus d’utilisateurs et donc de générer de plus grandes recettes publicitaires. Ce n’est pas dit explicitement, mais on sait bien que quand c’est gratuit, c’est l’utilisateur le produit !

Le plus important toutefois, c’est que grâce à Libra, les utilisateurs du réseau social, en Afrique comme ailleurs, pourront recevoir ou envoyer de l’argent et effectuer des achats sur des sites de vente en ligne depuis les applications Facebook Messenger ou encore WhatsApp, ces derniers appartenant à Facebook.

Moins de frais et plus de stabilité

Aujourd’hui, Il est possible d’utiliser des Euros, des Dollars ou presque n’importe quelle devise pour effectuer des paiements sur Facebook. Mais le Libra, comme les autres cryptomonnaies, présente un avantage. Ce moyen de paiement permettra d’envoyer de l’argent facilement, sans passer par un intermédiaire comme les banques. Ainsi, l’utilisation du Libra devrait permettre de réduire les frais de transaction bancaires. De plus, Facebook aurait conçu (et je parle bien au conditionnel) sa cryptomonnaie pour une meilleure, voire une garantie de stabilité, contrairement au yoyo que fait le Bitcoin.

Et concrètement, quel avenir pour l’Afrique avec le Libra ?

Le gros frein du développement du web en Afrique tient dans plusieurs choses. Outre les réseaux 3G ou 4G qui sont encore à l’état de rêve dans nombre de régions en Afrique, l’achat d’un ordinateur et de la connexion Internet sont encore de grosses dépenses pour un foyer. Mais de plus en plus de personnes disposent déjà d’un smartphone. Grace à des applications comme WhatsApp ou Facebook Messenger, il sera possible de recevoir de l’argent de la diaspora africaine en Europe ou de faire des achats en ligne directement depuis son téléphone, même en bas débit.

On peut également imaginer un développement des sites e-commerce ou du moins, des ventes en ligne de produits locaux via des plateformes de Marketplace comme Placier par exemple. Autre exemple, un rédacteur web comme Lionel DEHOUI pourra travailler avec l’Europe et bénéficier d’un paiement simple et sécurisé pour se faire payer par une entreprise française. De par les difficultés dans les transferts d’argent via Western Union ou l’impossibilité de bénéficier de Paypal en Afrique, c’est aujourd’hui presque impossible de développer une activité lucrative sur le web africain. Des créateurs de sites e-commerce comme Castelweb ont donc de l’avenir avec l’Afrique !

Mais avec Libra, tout sera plus simple ! (selon Facebook)

Christophe GRÉGOIRE

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